Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/44

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de vertu curable qu’à certains moments, quand l’ange de Dieu y descendait et troublait l’eau. De plus, elle n’était pas efficace pour tous, mais pour celui qui y entrait après que l’eau était troublée ; elle n’était efficace que pendant peu de temps. En revanche elle guérissait n’importe quel mal. Du récit, on ne voit pas que l’ange descendait dans la source sous une forme visible, et en troublait l’eau. C’était l’acte d’un ange invisible pour les autres, mais contemplé par l’œil spirituel des apôtres. Les malades et les autres, seulement après que l’eau était troublée, apprenaient qu’il était temps d’y entrer pour recevoir la guérison.

Les écrivains sacrés et les Juifs attribuaient, en général, les bienfaits particulièrement visibles de Dieu, manifestés dans certaines forces et dans certaines actions de la nature, à l’intermédiaire des anges auxquels était réservée par Dieu la direction de tel ou tel élément de la nature.

Ce qui, pour les autres, n’est que l’action des éléments de la nature, pour leurs regards éclairés, est l’œuvre des anges.

Cette source, comme plusieurs autres sources minérales, guérissait différentes maladies qui ne cédaient pas à l’action des remèdes ordinaires, et, comme quelques sources pareilles, elle agissait avec une efficacité particulière, périodiquement. Il semble que, par moments, l’eau de cette source jaillissait avec force et à cause de cela se troublait (elle devenait rouge de sang, comme le dit Eusèbe) ; et c’est alors qu’elle devenait particulièrement efficace pour guérir différentes maladies. Cette recrudescence du débit de la source était due à l’action invisible de l’ange de Dieu, que l’apôtre interprétait de cette façon, et qui, pour les autres, n’était qu’un phénomène ordinaire des éléments de la nature, ce qui semblait aussi aux malades guéris par Christ.

Le premier qui y descendait. — Cette expression ne montre pas qu’il n’y avait qu’un seul malade de guéri,