Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/109

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frappé si singulièrement. Ces paroles sont interprétées par tout le monde dans le sens que Christ permet le divorce en cas d’adultère de la femme, et ces mêmes paroles, dans le chapitre xix, sont répétées dans un grand nombre de copies des Évangiles et chez plusieurs Pères de l’Église au lieu des mots : si ce n’est pour cause d’adultère.

Et je me mis à relire de nouveau ces paroles, mais de longtemps je ne pus les comprendre. Je voyais qu’il devait y avoir une erreur dans la traduction et les commentaires, mais de longtemps je ne pus trouver où était la faute. L’erreur était évidente. Opposant son commandement à la loi de Moïse, d’après laquelle chaque homme qui prend en aversion sa femme peut la chasser de sa demeure après lui avoir écrit une lettre de divorce, Christ dit : Mais moi je vous dis que quiconque répudie sa femme, si ce n’est pour cause d’adultère, l’expose à devenir adultère. Dans ces paroles il n’y a aucune contradiction et même aucune défense, rien qui permette d’affirmer qu’il soit permis ou défendu de divorcer. Il dit seulement que quiconque répudie sa femme l’expose à devenir adultère. Mais, subitement, on fait une exception pour la femme coupable d’infidélité. Cette exception qui se rapporte à la femme coupable d’infidélité, quand il est question de l’homme, est, en général, étrange et inattendue, et, dans ce passage, elle est tout simplement absurde, parce qu’elle détruit même