Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/148

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d’Adam, et les ramener à leur état antérieur, normal, de félicité, d’innocence et d’oisiveté. D’après cette doctrine, la seconde personne de la Trinité, Christ, justement parce que les hommes l’ont mis à mort, a racheté le péché d’Adam et a mis fin à cet état anormal de l’homme qui durait depuis le commencement du monde. À partir de ce moment l’homme qui a foi en Christ est redevenu tel qu’était l’homme dans le paradis, c’est-à-dire immortel, innocent et oisif.

Cette doctrine s’étend peu sur la partie pratique de la rédemption en vertu de laquelle la félicité serait revenue sur terre, parce qu’il est difficile d’affirmer à ceux qui sont exténués par le travail et qui souffrent, quelque croyants qu’ils soient, qu’il n’est pas pénible de travailler ni pénible de souffrir. Mais la partie de la doctrine d’après laquelle la mort ni le péché n’existent plus est affirmée avec une force particulière.

On affirme que les morts ne sont pas morts. Et comme ils ne peuvent dire qu’ils sont morts ni qu’ils sont vivants, de même qu’une pierre ne peut pas affirmer qu’elle peut ou ne peut pas parler, cette absence de dénégation est admise comme preuve, et on affirme que les morts ne sont pas morts. Avec plus de solennité et d’assurance encore, on affirme que, depuis la venue du Christ, l’homme qui a foi en lui se délivre du péché, c’est-à-dire que depuis la venue du Christ, l’homme n’a