Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/211

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nettement quelle est la base de la foi enseignée par Christ.

(Luc xvii, 3-10). Lorsque le Christ dit qu’il faut pardonner à son frère non pas une fois, mais septante fois sept fois, les disciples, épouvantés de la difficulté d’observer cette règle, répondent : Oui, mais… il faut avoir la foi pour pratiquer cela ; raffermis donc notre foi, augmente-la en nous ; comme précédemment ils demandaient : Que recevrons-nous pour cela ? et, comme disent maintenant les soi-disant chrétiens : Je veux croire mais je ne puis, raffermissez en nous la foi que nous serons sauvés. Ils disent : Fais que nous croyions — ce que disaient les Juifs quand ils demandaient des miracles à Christ. Par des miracles ou par des promesses de récompenses fais que nous ayons foi dans notre salut.

Les disciples disent ce que nous disons nous-mêmes : Tout en vivant de notre vie égoïste et personnelle, tâchons de croire que si nous pratiquons la doctrine de Dieu, nous en serons récompensés dans le monde futur. Nous vivons contrairement à la doctrine du Christ, et ensuite nous déplorons notre peu de foi. À ce malentendu, qui existait alors comme maintenant, Christ répond par une parabole où il montre ce que c’est que la vraie foi. La foi ne peut provenir de la confiance en ses paroles ; la foi provient uniquement de la conscience de notre situation. La foi est basée unique-