Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/340

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Qu’est-ce qu’enseigne le christianisme en tant que doctrine de n’importe quelle Église ou de toutes les Églises ?

Discutez comme vous le voudrez, en unissant, ou séparant, mais toute la doctrine chrétienne se divise en deux parties bien distinctes : la doctrine des dogmes, en commençant par le fils de Dieu, le Saint-Esprit, le rapport mutuel de ces personnes, jusqu’à l’Eucharistie, avec le vin ou sans le vin, jusqu’au pain azyme ou non ; et la doctrine morale : humilité, désintéressement, pureté corporelle et spirituelle, défense de condamner, affranchissement de l’esclavage et amour de la paix. Malgré tous les efforts des maîtres de l’Église, ces deux parties de la doctrine ne se mêlèrent jamais et, comme l’huile dans l’eau, furent toujours séparées en gouttes grandes et petites.

La différence de ces deux parties de la doctrine est claire pour chacun, et chacun peut voir les résultats de l’une et de l’autre dans la vie des peuples, et par ces résultats, il peut conclure quelle partie est la plus importante et si l’on peut s’exprimer ainsi, « plus vraie ». Quand on regarde d’un côté l’histoire du christianisme, on est saisi d’horreur. Sans exception, depuis le commencement et jusqu’au bout, jusqu’à nous, de quelque côté qu’on porte les yeux, quelque dogme qu’on prenne, par exemple le dogme de la divinité du Christ, jusqu’à l’apposition des mains, jusqu’à la