Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol26.djvu/116

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



XIV

Je suis arrivé à la même conclusion d’un tout autre côté. En me rappelant mes relations avec les pauvres de la ville, pendant tout ce temps, je n’ai vu qu’une des causes par lesquelles je ne pouvais leur venir en aide, c’est qu’ils n’étaient pas francs avec moi. Ils ne me regardaient pas comme un homme, mais comme un moyen. Me rapprocher d’eux, je ne le pouvais pas, peut-être ne le savais-je pas, pensais-je alors. Mais sans sincérité l’aide n’était pas possible. Comment aider un homme qui n’expose pas toute sa situation ? D’abord je le leur reprochais ; (c’est si naturel de faire des reproches à autrui), mais un mot d’un homme remarquable, Sutaïev [1], qui était chez nous à ce moment, m’expliqua toute l’affaire et me montra à quoi tenait mon insuccès. Je me rappelle même

  1. Sectaire communiste. — (N. d. T.)