Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol26.djvu/50

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ments de pierres. La puanteur de cette cour était très forte. La cause principale de cette puanteur était la fosse d’aisance, près de laquelle, toujours, (combien de fois n’y ai-je pas passé !) se pressaient des gens. La fosse elle-même n’était pas l’endroit où l’on faisait ses besoins, mais servait d’indication pour celui où l’on avait l’habitude de s’installer. On ne pouvait traverser la cour sans remarquer cet endroit, et on se sentait toujours mal à l’aise en pénétrant dans l’atmosphère aigrie par l’odeur qui s’en dégageait.

Le garçon, en prenant bien garde à ses pantalons blancs, me conduisit avec précaution, devant cet endroit, à travers les excréments gelés, et se dirigea vers un des bâtiments. Tous les hommes qui passaient dans la cour ou sur le balcon me regardaient. Évidemment un homme proprement vêtu était rare par ici.

Le garçon demanda à une femme si elle ne savait pas où étaient les recenseurs, et trois personnes répondirent en même temps à sa question. L’un disait : près du puits ; les autres, ils ont passé et sont sortis pour aller chez Nikita Ivanovitch. Un vieillard en chemise qui s’arrangeait près de la fosse d’aisance, dit qu’ils étaient au numéro 30. Le garçon jugea ce renseignement plus sûr, et me conduisit au numéro 30, sous l’auvent d’un sous-sol, obscur, empesté, mais d’une odeur différente de celle de la cour. Nous descendîmes et mar-