Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol26.djvu/89

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tions et ne nous croyaient pas. Évidemment, comme une bête traquée, ils étaient prêts à tout pour nous échapper. Les seigneurs de diverses catégories : policiers de la ville et de la campagne, juges d’instruction et juges, toute la vie les poursuivaient dans les villes, dans les campagnes, sur les routes, dans les rues, les débits, les asiles de nuit, et maintenant, tout à coup des ennemis arrivaient et fermaient les portes, seulement pour les compter. C’était, pour eux, aussi difficile à croire, qu’aux lièvres de croire que les chiens ne sont pas venus les chasser, mais les compter. Comme les portes cochères étaient fermées, les gens inquiets rentrèrent. Nous, en nous divisant en groupes, nous commençâmes. Il y avait avec moi deux messieurs du monde et deux étudiants. Vania, en veston et pantalon blancs, marchait devant nous dans l’obscurité ; il tenait une lanterne, nous le suivions. Nous allions dans les logements que nous connaissions. Je connaissais aussi quelques-uns des habitants, mais la majorité m’était inconnue. Le spectacle était nouveau et terrifiant, encore plus terrible que celui que j’avais vu près de la maison de Liapine. Tous les logements étaient pleins, toutes les planches étaient occupées, et non par un seul, mais souvent par deux. Le spectacle était terrible, effrayant, par l’exiguité du lieu où s’entassaient ces gens, par le mélange des hommes et des femmes. Toutes les