Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/132

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simplicité d’Olénine lui plaisait beaucoup (la simplicité, en ce sens qu’il avait eu du vin à discrétion). La personne même d’Olénine lui plaisait aussi. Il s’étonnait de ce que tous les Russes sont simples et riches, et de ce qu’ils sont tout à fait ignorants, malgré leur éducation. Il réfléchissait à toutes ces questions et aussi à ce qu’il pourrait demander pour lui à Olénine.

La cabane de l’oncle Erochka était assez vaste et pas vieille, mais on remarquait tout de suite l’absence de femme. Contrairement à la propreté minutieuse des Cosaques, toute la chambre était malpropre et dans le plus grand désordre. Sur la table étaient jetés un habit maculé de sang, la moitié d’une galette, et à côté une corneille plumée et déchirée, pour nourrir l’épervier. Sur les bancs, pêle-mêle, des porchni, un fusil, un poignard, un sac, un habit mouillé et des guenilles. Dans un coin, dans un seau plein d’eau sale et puante, trempaient des porchni ; une carabine et un chevalet de tanneur étaient à côté. Sur le sol étaient jetés le filet, quelques faisans tués ; et autour de la table, une petite poule attachée par la patte marchait en frappant du bec le sol malpropre. Dans le poêle sans feu, se trouvait un tesson rempli d’un liquide lacté quelconque. Sur le poêle, criait un oiseau qui tâchait de se débarrasser de sa corde, et un épervier qui muait était accroupi doucement sur le bord et regardait obliquement la poule et