Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/209

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XXV


— Comment, tu ne connais pas ton locataire ? — dit Bieletzkï, s’adressant à Marianka.

— Comment le connaîtrais-je, puisqu’il ne vient jamais chez nous — dit Marianka en jetant un coup d’œil sur Olénine.

Olénine s’effraya soudain, rougit, et ne sachant lui-même ce qu’il disait, répondit : — J’ai peur de ta mère, elle m’a tant injurié la première fois que je suis venu chez vous.

Marianka éclata de rire.

— Et tu as eu peur ? — dit-elle en le regardant ; puis elle se détourna.

Pour la première fois, Olénine voyait tout le visage de la belle, jusqu’ici il l’avait toujours vue enveloppée jusqu’aux yeux par une écharpe. Ce n’est pas en vain qu’on la tenait pour la plus belle fille de la stanitza. Oustenka était jolie, petite, grassouillette, fraîche, elle avait des yeux bruns,