Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/287

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XXXVIII


Il faisait déjà tout à fait sombre quand Loukachka sortit dans la rue. Cette nuit d’automne était fraîche et calme.

La pleine lune courait dans les nuages au-dessus des platanes noirs qui bordaient l’un des côtés de la place. Des cheminées des cuisines sortait une fumée qui, se mêlant à la brume, se répandait dans la stanitza. Dans les fenêtres, par ci, par là, on voyait des lumières. L’odeur de kisiak, de moût, de brouillard emplissait l’air. Les conversations, les rires, les chants, les craquements des grains de tournesol résonnaient aussi confusément, mais plus fort que pendant la journée. Les fichus blancs et les bonnets des Cosaques groupés ensemble se distinguaient dans l’obscurité près des haies et des maisons.

Sur la place, en face de la porte ouverte et éclairée d’une boutique, on remarquait une foule