Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/289

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eux, pas très haut, mais on les entendait et ils sentaient qu’ils attiraient l’attention. De côté, dans la ronde passait la replète Oustenka en bechmet rouge et la figure majestueuse de Marianka dans la chemise et le bechmet neufs. Olénine et Bieletzkï, causaient sur les moyens de faire sortir de la ronde Marianka et Oustenka. Bieletzkï pensait qu’Olénine voulait seulement s’amuser et Olénine attendait la décision de son sort. Il voulait aujourd’hui, coûte que coûte, voir Marianka seule, lui dire tout, lui demander si elle voulait, si elle pouvait être sa femme. Bien que pour lui, cette question fût depuis longtemps résolue négativement, il espérait avoir la force de lui dire tout ce qu’il ressentait et être compris d’elle.

— Pourquoi donc ne me l’avoir pas dit plus tôt ? — dit Bieletzkï — par Oustenka, je vous aurais arrangé cela. Vous êtes un homme étrange.

— Que faire ! Plus tard, bientôt, je vous dirai tout. Seulement, maintenant, au nom de Dieu, faites tout pour quelle vienne chez Oustenka.

— Bon, c’est facile… Quoi, tu seras donc pour un blond, hein, Marianka ? Et non à Loukachka, — fit Bieletzkï en s’adressant pour les convenances d’abord à Marianka. Et sans attendre la réponse, il s’approcha d’Oustenka et lui demanda d’amener avec elle Marianka. Il n’eut pas le temps d’achever que le chef de chœurs entonna une autre chanson, et les jeunes filles se tenant ensemble chantaient :