Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/403

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VI


Laissant les soldats raisonner sur la manière dont les Tatars s’étaient enfuis devant l’obus et pour quel but ils étaient allés là-bas, et s’il y en avait encore beaucoup dans la forêt, je m’éloignai à quelques pas de là avec le commandant de la compagnie et m’assis sous un arbre, en attendant les côtelettes hachées qu’il me proposait.

Le chef de la compagnie, Bolkhov, était un des officiers qu’au régiment on appelait les bons jours. Il avait de la fortune ; il servait auparavant dans la garde et parlait bien le français ; mais malgré cela, les camarades l’aimaient. Il était assez intelligent et avait assez de tact pour porter des vestons de Pétersbourg, faire un bon dîner et parler français sans trop blesser la société des ofliciers. En causant sur le temps, sur les incidents militaires, sur les officiers et les connaissances communes, et convaincus, d’après les questions et les