Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol5.djvu/36

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Et il courut dans la salle.

— Pourquoi vous a-t-on appelé ? — demande le hussard.

— Comme ça, un renseignement.

— Ce serait bon, — dit le hussard, — de boire maintenant un verre de vin chaud.

Simon ?… Eh bien ?

Simon sort. De nouveau pas de vin. Ça va mal.

Il quitte la table et accourt vers moi.

— Au nom de Dieu, Petrouchka, donne-moi six roubles.

Il est sans visage.

— Je vous jure, monsieur, que je ne les ai pas, et déjà vous me devez beaucoup.

— Dans une semaine je te rendrai quarante roubles au lieu de six, — dit-il.

— Si je les avais, — dis-je, — je n’oserais pas vous refuser, mais je vous jure que je ne les ai pas.

Alors, quoi ?… Il bondit, grince des dents, serre les poings, court comme un fou dans le corridor, et tout à coup se frappe le front.

— Ah ! mon Dieu ! dit-il. Qu’est-ce ?

Il n’entra même pas dans la salle à manger. Il sauta dans la voiture et s’enfuit.

Ah ! comme on a ri !

Le hussard demande :

— Où est le monsieur qui dînait avec moi ?