Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol5.djvu/74

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poêle. Le gamin, qui est vêtu de l’habit de son père, régulièrement, jette des pierres dans l’eau.

Mais, en aboyant et se retournant étonné, accourt de la hauteur, Trézorka, le chien de Féodor Philippitch, mais voici Féodor Philippitch lui-même qui descend aussi et, en criant quelque chose, il se montre derrière le massif d’églantiers.

— Pourquoi restez-vous comme ça ? — crie-t-il, — ôtant son veston tout en courant. — Un homme se noie et ils restent plantés ! Donne une corde !

Tous, avec crainte et espoir, regardent Féodor Philippitch pendant que, la main appuyée sur l’épaule d’un paysan, pour se déchausser, il pousse du bout du pied gauche le talon du soulier droit.


— Là-bas, là-bas, où la foule est amassée, là-bas, plus à droite du cythise ! Féodor Philippitch, c’est là-bas ! — lui crie-t-on.

— Je sais, — répond-il, — et, en fronçant les sourcils, probablement en réponse aux signes de prudence de la foule des femmes, il ôte sa chemise, et une petite croix qu’il remet au garçon du jardinier, qui très respectueusement se tient devant devant lui. Ensuite, en foulant d’un pas ferme l’herbe fauchée, il s’approche de l’étang.

Trézorka, étonné de la rapidité des mouvements de son maître, s’arrête près de la foule et, en mâchant quelques petites herbes, près du bord, le regarde d’un air interrogateur, et tout à coup, avec un cri joyeux, il se jette à l’eau derrière son maître.