Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol6.djvu/318

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Tikhonovna, tout en finissant de se déchausser, raconta d’où elle venait, et comment elle retournait chez elle. Elle ne parla pas de la supplique. La conversation ne cessait pas. Le tailleur apprit tout ce qui concernait la vieille, et celle-ci apprit tout de la maladroite et belle Marina : elle apprit que c’était la cuisinière, femme d’un soldat, que le tailleur confectionnait des cafetans pour les cochers ; que la fillette, une orpheline, faisait les commissions ; que le sombre Pancrate était domestique de l’intendant Ivan Vassilievitch.

Pancrate sortit de l’izba en claquant la porte. Le tailleur expliqua que c’était un homme grossier, mais qu’aujourd’hui il était pire, parce que chez l’intendant il avait cassé quelque objet sur la fenêtre et que, pour ce fait, on allait le fouetter à l’écurie. Voilà : Ivan Vassilievitch va venir et on le fera fouetter. Elle sut enfin que le petit cocher avait été pris chez les paysans pour être postillon, mais qu’étant devenu grand, il n’avait plus qu’à nettoyer les chevaux et jouer de la balalaïka, et qu’il n’était pas très fort…