Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/132

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— Eh bien, ma petite comtesse, quel sauté au madère de perdrix nous aurons, ma chère ! Je l’ai goûté ! Ce n’est pas en vain que j’ai donné mille roubles pour Taraska, il les vaut !

Il s’assit près de sa femme, et les coudes bravement posés sur les genoux, il se mit à lisser ses cheveux gris.

— Qu’ordonnez-vous, petite comtesse ?

— Voilà, mon ami… Quelle tache as-tu ici ? — dit-elle en montrant le gilet. — C’est probablement le sauté, — ajouta-t-elle en souriant. — Voici ce qu’il y a, comte, il me faut de l’argent.

Son visage s’assombrit.

— Ah ! petite comtesse ! — Et le comte s’empressa de tirer son portefeuille.

— Il me faut beaucoup, comte, il me faut 500 roubles. — Et prenant son mouchoir de batiste, elle essuya le gilet de son mari.

— Tout de suite, tout de suite. Eh ! qui est là ? — cria-t-il de la voix d’un homme sûr que ceux qu’il appelle accourront immédiatement. — Envoyez-moi Mitenka !

Mitenka était ce fils de noble élevé chez le comte et qui, maintenant, gérait toutes ses affaires. À pas lents il entra au salon.

— Voilà, mon cher, — dit le comte au jeune homme qui s’avançait respectueusement. — Apporte-moi… — il devint pensif — 700 roubles. Oui. Mais, fais attention, n’en apporte pas d’aussi