Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/191

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efforts pour regarder le domestique, qui, immobile, se tenait au chevet du lit.

— Il veut sans doute se tourner de l’autre côté, — chuchota le domestique ; et il se leva pour retourner le corps lourd du comte, le visage du côté du mur.

Pierre se leva pour aider le domestique.

Pendant qu’on tournait le comte, une de ses mains, restée derrière, faisait de vains efforts pour s’agiter. Le comte remarqua-t-il ce regard d’effroi que Pierre fixait sur cette main sans vie, ou quelque autre pensée traversait-elle en ce moment sa tête mourante, mais il regarda la main désobéissante, l’expression d’effroi du visage de Pierre, de nouveau la main, et sur son visage parut un sourire faible, souffrant, qui allait si mal à ses traits et semblait railler sa propre faiblesse. À ce sourire inattendu, Pierre sentit un tressaillement de toute sa poitrine, un picotement du nez et des larmes obscurcirent son regard.

On retourna le malade vers le mur. Il soupira.

Il est assoupi, — prononça Anna Mikhaïlovna, en apercevant la princesse qui venait pour le changer. — Allons.

Pierre sortit.