Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/258

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II

— Il arrive ! — cria en ce moment le fantassin en vedette.

Le commandant du régiment, tout rougissant, courut à son cheval ; d’une main tremblante, il prit les brides, rejeta son corps, s’installa, mit le sabre au clair, et, avec le même visage heureux, résolu, la bouche ouverte de côté, il se prépara à crier. Le régiment ondula comme un oiseau et resta immobile.

— Fixe ! — cria le commandant du régiment, d’une voix vibrante, joyeuse pour lui-même, sévère pour le régiment et déférente envers le chef qui s’approchait.

Par la longue et large route vicinale plantée d’arbres, une grande calèche viennoise bleue s’avancait rapidement avec un bruit de ressorts. Derrière la calèche chevauchaient la suite et la garde de Croates. À côté de Koutouzov était assis un général autrichien en uniforme blanc, tranchant sur