Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/373

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Il se tourna. À la petite fenêtre s’avançait le joli visage de Nesvitzkï. Celui-ci, en mâchant quelque chose dans sa bouche appétissante et agitant les mains, l’appelait vers lui.

— Bolkonskï ! Bolkonskï ! N’entends-tu pas ? Plus vite ! — criait-il.

Le prince André entra dans la maison où Nesvitzkï et un autre aide de camp mangeaient. Ils questionnèrent hâtivement Bolkonskï : Ne savait-il rien de nouveau ? Sur leurs visages qu’il connaissait si bien, le prince André lut le trouble et l’inquiétude. Ils étaient particulièrement évidents sur le visage toujours riant de Nesvitzkï.

— Où est le commandant en chef ? demanda Bolkonskï.

— Ici, dans cette maison, — répondit l’aide de camp en lui en indiquant une.

— Eh bien, est-ce vrai qu’on a capitulé et fait la paix ? — demanda Nesvitzkï.

— Je vous le demande. Je ne sais rien, sauf que je suis à grand peine parvenu jusqu’à vous.

— Bah ! chez nous, mon cher, c’est affreux ! Je m’avoue coupable, mon cher, nous nous sommes moqués de Mack et maintenant nous sommes dans une situation bien pire — dit Nesvitzkï — Mais assieds-toi, mange quelque chose.

— Maintenant, prince, vous ne trouverez ni chariot, ni rien du tout et votre Piotr, Dieu sait où il se trouve, — fit l’autre aide de camp.