Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/380

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se réunir à Bouksguevden. Si Koutouzov décidait de reculer sur la route de Krems à Olmütz pour se réunir aux troupes venant de la Russie, il risquait d’être devancé sur cette route par les Français qui venaient de traverser le pont à Vienne et, de cette façon, il serait forcé d’accepter la bataille pendant la marche, avec tous les bagages et les fourgons, contre un ennemi trois fois plus nombreux et le cernant de deux côtés. Koutouzov s’arrêta à ce dernier parti.

Les Français, comme l’avait annoncé l’éclaireur, ayant traversé le fleuve à Vienne se dirigeaient à marche forcée sur Znaïm par la route que suivait Koutouzov, et à plus de cent verstes au devant de lui. Atteindre Znaïm avant les Français c’était un grand espoir de salut pour l’armée, laisser aux Français le temps d’y parvenir c’était sans nul doute infliger à l’armée une défaite semblable à celle d’Ulm, ou la perte générale. Mais prévenir les Français avec toute l’armée, c’était impossible. La marche des Français, de Vienne à Znaïm, était plus courte et meilleure que celle qu’avaient à parcourir les Russes de Krems à Znaïm.

La nuit même qu’il reçut cette nouvelle, Koutouzov envoya l’avant-garde de Bagration (quatre mille hommes), à droite dans les montagnes, de la route de Krems à Znaïm à celle de Vienne à Znaïm. Bagration devait exécuter cette marche sans s’arrêter, le front sur Vienne et le dos