Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/128

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(peu nombreux) qu’on emportait et enfin il vit une centaine de Cosaques qui conduisaient un détachement entier de cavaliers français. Évidemment l’affaire était terminée. Elle était peu importante, mais heureuse. Les soldats et les officiers qui retournaient parlaient de la victoire brillante, de la prise de Vischau, de la capture d’un escadron français tout entier. Le temps s’était ensoleillé après la légère gelée de la nuit et le radieux éclat de ce jour d’automne coïncidait avec la nouvelle de la victoire qu’affirmaient non seulement les récits de ceux qui participaient à cette affaire mais aussi l’expression joyeuse des visages des soldats, des officiers, des généraux, des aides de camp qui passaient en tous sens devant Rostov. Nicolas avait d’autant plus de regrets qu’il avait éprouvé en vain toute la peur qui précède la bataille et qu’il passait toute cette joyeuse journée dans l’inaction.

— ’ostov, viens ici ! Buvons à not’e chag’in ! lui cria Denissov en s’installant au bord de la route, devant une bouteille et des victuailles. Les officiers firent cercle autour de Denissov et bavardèrent en mangeant.

— Voilà, on en emmène encore un ! dit un des officiers en montrant un dragon français que deux cosaques conduisaient à pied. L’un d’eux menait par la bride un grand et beau cheval français, celui du prisonnier.