Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/238

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s’embrassèrent tendrement. Le regard de Sonia lui demandait pardon de lui avoir rappelé sa promesse par l’intermédiaire de Natacha et elle le remerciait pour son amour. Lui, par son regard, la remerciait de l’offre de la liberté, et disait que de telle ou telle façon, il ne cesserait jamais de l’aimer, que c’était impossible.

— Comme c’est étrange pourtant que Sonia et Nicolas se disent vous comme des étrangers dit Véra, en profitant d’un moment de silence. L’observation de Véra était juste comme toutes ses observations, mais, effet qu’elles produisaient toujours, tous se sentirent gênés, non seulement Sonia, Nicolas et Natacha, mais même la vieille comtesse, qui avait peur de l’amour de son fils pour Sonia, lequel pouvait le priver d’un brillant parti ; elle rougit comme une fillette. Denissov, à l’étonnement de Rostov, entra au salon en uniforme neuf, pommadé et parfumé, aussi élégant qu’il l’était à la bataille ; il fut si aimable avec les dames et les messieurs, que Rostov en fut tout surpris.