Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/31

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les moins importants et les familiers. Pierre et Hélène étaient à côté l’un de l’autre. Le prince Vassili ne soupait pas ; l’humeur joyeuse, il marchait autour de la table, s’asseyait près de l’un ou l’autre de ses hôtes et à chacun, sauf à Pierre et à Hélène qu’il semblait ne pas voir, il disait une parole aisée et aimable. Le prince Vassili animait tout le monde. Les bougies de cire brûlaient clairement, l’argenterie et les cristaux étincelaient, les toilettes des dames et l’or et l’argent des épaulettes étincelaient aussi. Autour de la table circulaient des valets en livrée rouge. On entendait le bruit des couteaux, des verres, des assiettes et le son de quelques conversations animées qui s’échangeaient autour de cette table. À l’un des bouts un vieux chambellan jurait à une vieille baronne un amour passionné, et la baronne riait. À l’autre bout, c’étaient les récits sur l’insuccès d’une certaine Marie Victorovna. Au milieu de la table, le prince Vassili assemblait autour de lui les auditeurs. Avec un sourire plaisant sur les lèvres, il racontait aux dames la dernière séance — du mercredi — au Conseil d’Empire, séance au cours de laquelle le nouveau général militaire de Pétersbourg, Sergueï Kouzmitch Viazmitinov avait reçu et lu le décret fameux que l’empereur Alexandre Pavlovitch envoyait à l’armée, et où l’Empereur disait, à l’adresse de Sergueï Kouzmitch, que de tous côtés il recevait les décla-