Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/312

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— Non, je dois le dire. C’est peut-être de la suffisance de ma part, mais mieux vaut le dire. Si vous refusez pour moi, alors, je vous dois dire toute la vérité : je vous aime, je peux vous aimer plus que tout…

— Ça me suffit, dit Sonia en rougissant.

— Non, mais j’ai été amoureux des milliers de fois et je le serai encore, bien que je n’aie pour personne d’autre que vous ce sentiment fait d’amitié, de confiance et d’amour. Ensuite, je suis jeune. Maman ne veut pas notre mariage. En un mot, je ne vous promets rien et je vous demande de réfléchir au sujet de Dolokhov, dit-il, en prononçant avec peine le nom de son ami.

— Ne me dites pas cela. Je ne veux rien. Je vous aime comme un frère, je vous aimerai toujours, et il ne me faut rien de plus.

— Vous êtes un ange ! Et je ne suis pas digne de vous. Mais j’ai peur seulement de vous tromper.

Nicolas baisa de nouveau sa main.