Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol8.djvu/484

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vibrait une vaine irritation. — Pou’quoi ? Si j’étais un b’igand, je demande’ais g’âce, mais on me juge pa’ce que je désigne clai’ement les b’igands ! Qu’on me juge, je n’ai peu’ de pe’sonne. J’ai se’vi honnêtement le tza’ et la pat’ie et je n’ai pas volé ! Me dég’ader, moi ! Eh !… Écoute, je leu’ éc’is tout net, voilà : « Si j’avais volé le gouve’nement… »

— C’est très bien écrit, on ne peut pas dire le contraire, — objecta Touchine, — mais il ne s’agit pas de cela, Vassili Dimitritch. — Il s’adressa aussi à Rostov. — Il faut se soumettre et Vassili Dimitritch ne veut pas. L’auditeur vous a bien dit que votre affaire est mauvaise.

— Eh bien, tant pis ! — dit Denissov.

— L’auditeur vous a écrit la supplique, il faut la signer et l’expédier par lui. Il (Touchine désignait Rostov) doit avoir quelque protecteur dans l’état-major. Vous ne trouverez pas une meilleure occasion.

— Mais j’ai déjà dit que je ne fe’ai pas de bassesse ! — interrompit Denissov et il poursuivit la lecture de son papier.

Rostov n’osait pas exhorter Denissov, il sentait pourtant que la voie proposée par Touchine et l’autre officier était la plus sûre et il aurait été heureux de rendre service à Denissov. Il connaissait l’obstination de Denissov et sa chaleur sincère.