Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol9.djvu/181

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SEPTIÈME PARTIE


I


La Bible nous apprend que l’absence du travail, l’oisiveté, était la condition de béatitude du premier homme avant sa chute. L’amour de l’oisiveté reste le même en l’homme déchu, mais la malédiction pèse toujours sur l’homme, non en ce que nous devons gagner notre pain à la sueur de notre front, mais en ce que, par nos qualités morales, nous ne pouvons, étant oisifs, être heureux. Une voix mystérieuse dit que nous devons être coupables puisque nous sommes oisifs. Si l’homme pouvait trouver un état où, étant oisif, il se sentirait utile en faisant son devoir, il retrouverait une partie de sa béatitude première.

Une classe entière, la classe militaire, jouit de cet état d’oisiveté obligatoire et irréprochable, et