Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol9.djvu/280

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XII

Quand tous partirent de chez Pélagie Danilovna, Natacha, qui apercevait et remarquait tout, s’arrangea de façon à s’installer avec Louisa Ivanovna dans le traîneau de Dimmler, et Sonia avec Nicolas et les bonnes.

Nicolas, sans tâcher maintenant de dépasser les autres, allait d’un pas mesuré et, de temps en temps, il regardait fixement Sonia à cette lumière étrange de la lune, et cherchait, à cette lumière qui change tout, à travers ses sourcils et ses moustaches, l’ancienne Sonia, et la Sonia présente dont il avait décidé de ne jamais se séparer. Il la regardait fixement, et quand il la reconnaissait toujours la même et autre, il se rappelait l’odeur de bouchon brûlé mêlée à la sensation du baiser, il respirait à pleins poumons l’air glacé, et, regardant la terre qui fuyait sous le traîneau et le ciel brillants, il partait de nouveau dans le royaume magique.