Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol9.djvu/286

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XIII

Peu après Noël, Nicolas déclara à sa mère son amour pour Sonia, et son désir inébranlable de l’épouser. La comtesse, qui remarquait depuis longtemps ce qui se passait entre Sonia et Nicolas et attendait cette explication, écouta en silence les paroles de son fils, lui dit qu’il pouvait se marier avec qui bon lui semblait, mais que ni elle ni son père ne béniraient ce mariage.

Pour la première fois, Nicolas sentit que sa mère était mécontente de lui et que malgré toute sa tendresse pour lui, elle ne céderait pas. Froidement, sans regarder son fils, elle envoya chercher son mari. Quand il fut là, la comtesse qui se proposait de lui exprimer de quoi il s’agissait, brièvement et avec calme, en présence de Nicolas, ne put se retenir : elle versa des larmes de dépit et sortit de la chambre. Le vieux comte se mit à exhorter Nicolas, à le supplier de renoncer à son