Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol9.djvu/29

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Quelques jours après on informa le prince André qu’il eût à se présenter au Ministre de la guerre, au comte Araktchéiev.




À neuf heures du matin, le jour fixé, le prince André était dans la salle de réception du comte Araktchéiev.

Le prince André ne le connaissait pas personnellement, il ne l’avait jamais vu, mais tout ce qu’il en savait, lui inspirait peu de respect pour cet homme.

— « Il est ministre de la guerre, homme de confiance de l’empereur, personne n’a à tenir compte de ses qualités personnelles.

» On lui a confié l’étude de mon projet, alors c’est lui seul qui peut lui donner suite », — pensait le prince André en attendant dans le salon du comte Araktchéiev, parmi beaucoup de personnages importants ou non importants.

Le prince André, pendant son service comme aide de camp, avait vu beaucoup de salles de réception de hauts personnages. Il connaissait les divers caractères de ces salons. Celui du comte Araktchéiev avait un caractère tout particulier. Sur les visages des gens de peu d’importance qui attendaient leur tour d’audience dans les salons du comte Araktchéiev, se lisait un sentiment d’humilité et de docilité. Chez les autres