Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol9.djvu/367

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XI

Anatole Kouraguine vivait à Moscou parce que son père l’avait renvoyé de Pétersbourg où il dépensait plus de vingt mille roubles par an, et encore en faisant des dettes dont les créanciers exigeaient du prince le paiement.

Le prince déclara à son fils qu’il paierait pour la dernière fois la moitié de ses dettes mais à condition qu’il allât à Moscou comme aide de camp du général en chef, fonction qu’il lui avait obtenue, et qu’il tâchât de trouver là-bas un bon parti. Il lui désigna la princesse Marie et Julie Karaguine.

Anatole consentit et vint à Moscou où il s’arrêta chez Pierre. D’abord celui-ci le reçut sans grand plaisir, mais ensuite il s’habitua à lui, parfois allait s’amuser avec lui et, sous forme d’emprunts, lui donnait de l’argent.

Comme le disait justement Chinchine, depuis qu’Anatole était à Moscou il faisait tourner la tête