Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol9.djvu/53

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« Pour atteindre ce but il faut rendre la vertu plus puissante ; il faut tâcher que l’homme honnête acquière encore dans le monde la récompense éternelle de ses vertus. Mais beaucoup d’institutions politiques actuelles font obstacle à ces grands desseins… Que faire devant un tel état de choses ? Favoriser des révolutions, renverser tout, chasser la force par la force ? Non. Nous sommes très loin de cela. Chaque réforme faite par la force mérite le blâme, parce qu’elle ne corrigera point le mal tant que les hommes resteront ce qu’ils sont et parce que la sagesse n’a pas besoin de violence.

» Tout le plan de notre ordre doit être arrêté de façon à fournir des hommes fermes, vertueux, liés par l’unité de conviction. Cette conviction doit consister à poursuivre partout et sous toutes les formes le vice et la bêtise, et à protéger le talent et la vertu ; à tirer de l’obscurité les hommes dignes d’être élevés et à les joindre à notre fraternité. Seulement alors notre ordre aura le pouvoir de lier les mains aux protecteurs du désordre et de les diriger sans même qu’ils le remarquent. En un mot, il faudrait établir une sorte de gouvernement universel, prépondérant, qui se répandrait sur le monde entier sans détruire les liens civils et sous l’autorité morale duquel tous les autres gouvernements pourraient exister dans l’ordre ordinaire et faire tout, sauf ce qui s’opposerait au grand but de