Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol9.djvu/89

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XIII

Un soir, pendant que la vieille comtesse, en bonnet et camisole de nuit, sans fausses boucles, avec une pauvre mèche de cheveux qui s’agitait sous son bonnet de nuit, en soupirant et toussotant, faisait sur le tapis les génuflexions profondes de la prière du soir, sa porte grinça et Natacha accourut, les pieds nus dans ses pantoufles, en camisole et papillotes. La comtesse se retourna et fronça les sourcils. Elle achevait sa prière : « Si cette couche devait être mon tombeau ! » Son inspiration pieuse était détruite. Natacha rouge, animée, en apercevant sa mère en prière, s’arrêta tout à coup, s’accroupit sur la pointe des pieds et, involontairement, montra la langue en se menaçant elle-même. Voyant que sa mère continuait sa prière, sur la pointe des pieds, glissant rapidement un pied après l’autre, elle courut au lit, quitta ses pantoufles et bondit dans ce même lit que la comtesse