Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol9.djvu/97

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un murmure glissait dans la foule et les chapeaux se soulevaient.

— L’empereur ?… — Non… — Le ministre… le grand duc, l’ambassadeur. — Ne vois-tu pas les plumes ?… disait-on dans la foule.

Un spectateur de la foule, mieux habillé que les autres, paraissait connaître tout le monde et nommait, par leurs noms, les plus grands dignitaires d’alors.

Déjà un tiers des invités était arrivé et chez les Rostov, qui devaient aller à ce bal, les préparatifs de toilette continuaient encore hâtivement.

Il y avait eu beaucoup de préparatifs et de conversations à cause de ce bal, dans la famille Rostov. On avait beaucoup craint de ne pas recevoir d’invitation, redouté qu’une robe ne fût pas prête, tremblé que tout ne s’arrangeât pas comme il fallait.

Maria Ignatevna Peronskaïa, amie et parente de la comtesse, une maigre et jaune demoiselle d’honneur de la vieille cour, allait au bal avec les Rostov et guidait ces provinciaux dans le haut monde de Pétersbourg.

Les Rostov devaient aller chercher la demoiselle d’honneur, à dix heures, près du jardin de Tauride, et à dix heures cinq les jeunes filles n’étaient pas encore habillées.

Natacha allait à un grand bal pour la première fois. Ce jour-là, elle s’était levée à huit heures du