Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/135

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


dorée, et avec le plus aimable sourire exprima sa reconnaissance. Cependant il était facile de voir qu’elle ne savait où mettre cette boîte, et c’est pourquoi sans doute elle proposa à papa de regarder avec quel art elle était faite. Papa ayant satisfait sa curiosité, remit la boîte à l’archiprêtre auquel ce petit objet sembla plaire beaucoup : il hochait la tête, et avec intérêt regardait tantôt la boîte, tantôt l’artisan auteur d’un tel chef-d’œuvre. Volodia offrit son Turc et reçut aussi les louanges les plus flatteuses. Enfin ce fut mon tour. Grand’mère, avec un sourire d’encouragement, s’adressa à moi.

Ceux qui ont éprouvé la timidité savent que ce sentiment augmente en rapport direct avec le temps, et que le courage diminue en rapport inverse, c’est-à-dire que plus cet état dure, plus il devient pénible et moins il reste de courage.

Mon reste de courage et d’audace disparut quand Karl Ivanovitch et Volodia offrirent leurs cadeaux, et ma timidité arriva à la dernière limite. Instantanément je sentis tout le sang de mon cœur affluer dans ma tête, je me sentis changer de couleur tandis que sur mon front et sur mon nez perlaient de grosses gouttes de sueur. Mes oreilles me brûlaient, à la fois je sentais les frissons et la sueur, je me dandinais d’un pied sur l’autre et ne bougeais pas.

— Eh bien, Nikolenka, montre ce que tu as, une