Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/275

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principaux indices de la véracité, — pour qu’on ne le croie pas ; et de l’autre côté, dans son histoire, il y avait trop de beautés poétiques, pour ne pas susciter le doute.

« Dans mes veines coule le noble sang des comtes Von Sommerblatt ! In meinen Adern fliesst das edle Blut der Grafen von Sommerblatt ! Je naquis six semaines après le mariage. Le mari de ma mère, (je l’appelais papa), était fermier chez le comte Sommerblatt. Il ne pouvait pardonner la honte de ma mère et ne m’aimait pas. J’avais un petit frère Johann et deux sœurs ; mais j’étais un étranger dans ma propre famille ! Ich war ein Fremder in meiner eigenen Familie ! Quand Johann faisait des sottises, papa disait : « Avec cet enfant, Karl, je n’aurai pas un moment de tranquillité ! » Et l’on me grondait et me punissait. Quand les sœurs se querellaient entre elles, papa disait : « Karl ne sera jamais un enfant obéissant ! » et l’on me grondait et me punissait. Seule ma bonne mère m’aimait et me caressait. Souvent elle disait : « Karl, venez dans ma chambre. » Et elle m’embrassait en cachette. « Pauvre Karl, — disait-elle, — personne ne t’aime, mais je ne te changerais pour personne. Ta mère te demande une chose, — me disait-elle, — apprends bien, et sois toujours un honnête homme, Dieu ne t’abandonnera pas ! Trachte nur ein ehrlicher Deutscher zu werden — sagte sie —