Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/324

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XVII

LA HAINE


Oui, c’était un vrai sentiment de haine — non de celle qu’on décrit dans les romans et à laquelle je ne crois pas, cette haine qui, dit-on, procure du plaisir à faire du mal à un homme — mais de cette haine qui vous inspire un dégoût insurmontable pour un homme qui mérite cependant votre estime, de cette haine qui fait que les cheveux, le cou, la démarche, le son de la voix, tous les membres, tous les mouvements de cet homme vous font horreur, et qui, en même temps, avec une force inexplicable, vous attire vers cet homme, vous fait suivre avec une attention inquiète ses moindres actes. J’éprouvais ces sentiments envers Saint-Jérôme.

Saint-Jérôme était chez nous depuis une année et demie. En songeant maintenant et avec sang-froid,