Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/350

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XXII

PAPA


Papa est surtout gai depuis que Volodia est entré à l’Université, et plus souvent qu’à l’ordinaire, il vient dîner chez grand’mère. Cependant la cause de sa gaieté, je l’ai su par Nikolaï, c’est qu’il a beaucoup gagné au jeu ces temps derniers. Il arrive même que le soir, avant d’aller au cercle, il passe chez nous, s’asseoit au piane, nous réunit autour de lui et, battant la mesure avec les semelles de ses souliers plats (il ne peut souffrir les talons et jamais n’en porte), il chante des chansons tziganes. Et alors il faut voir l’admiration comique de sa favorite Lubotchka, qui de son côté l’adore. Parfois, il vient aux leçons, et le visage grave, m’écoute réciter, mais par les quelques mots avec lesquels il veut me reprendre, je vois bien que lui-même sait mal ce qu’on m’en-