Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/360

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Saint-Jérome est content de moi, me loue, et non seulement je ne le déteste pas, mais quand il dit parfois : qu’avec mes capacités et mon intelligence, c’est une honte de ne pas faire ceci ou cela, il me semble même que je l’aime.

Mes observations dans la chambre des bonnes ont cessé depuis longtemps, j’ai honte de me cacher derrière les portes et, en outre, la conviction de l’amour de Macha pour Vassili m’a, je l’avoue, refroidi un peu. Le mariage de Vassili pour lequel, sur sa prière, j’ai demandé la permission à papa, m’a guéri définitivement de cette passion malheureuse.

Quand les jeunes mariés, portant des bonbons sur le plateau, sont venus chez papa pour le remercier, et que Macha, en bonnet à rubans bleu ciel, nous remercia tous pour quelque chose en embrassant chacun sur l’épaule, je ne sentis que l’odeur de la pommade rose de ses cheveux et pas la moindre émotion.

En général, je commence à me débarrasser peu à peu de mes défauts de l’adolescence, sauf cependant du principal, qui me nuira beaucoup dans la vie : de ma disposition à raisonner.