Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/376

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tout à fait juste, et, dans notre amitié, moi j’embrassais et Dmitri tendait la joue, mais lui aussi était près de m’embrasser. Nous nous aimions également parce que nous savions nous apprécier réciproquement, mais cela ne l’empêchait pas d’avoir de l’influence sur moi, et moi de me soumettre à lui.

Il va sans dire que sous l’influence de Nekhludov, j’adoptai involontairement sa direction, dont l’essence était l’adoration enthousiaste d’un idéal de vertu, et la conviction que la destinée de l’homme est dans son perfectionnement incessant.

À cette époque, corriger toute l’humanité, détruire tous ses vices et ses maux me semblait chose très facile à exécuter, aussi facile et aussi simple que de se corriger soi-même, de s’adapter toutes les vertus, d’être heureux…

Et pourtant Dieu seul sait, si ces rêves de la jeunesse étaient ridicules, et qui est coupable de leur non réalisation !


FIN