Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol1.djvu/57

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nous ne pourrons pas payer au terme. Vous avez bien voulu dire — continua-t-il méthodiquement — que nous recevrions de l’argent des hypothèques, du moulin et du foin (en énumérant ces noms, il marquait sur l’abaque.) Alors j’ai peur que nous ne nous trompions dans nos calculs, — ajouta-t-il, et se taisant, il regarda papa d’un air profond.

— Pourquoi ?

— Permettez. Quant au moulin, on est déjà venu deux fois pour demander du temps. Le meunier jure par Dieu qu’il n’a pas d’argent. Il est là maintenant, voulez-vous lui parler à lui-même ?

— Que dit-il donc ? — demanda papa en faisant de la tête le signe qu’il ne voulait pas parler au meunier.

— Mais c’est connu ! Il dit qu’il n’a pas eu à moudre, et que tout son argent, il l’a dépensé pour l’écluse. Alors quoi, si nous le chassons, maître, trouverons-nous ici notre compte ? — Quant aux hypothèques, comme vous avez bien voulu parler, alors il me semble que je vous ai déjà exposé que notre argent est solidement enterré là-bas et que bientôt, nous ne recevrons rien. Récemment, j’ai envoyé à la ville, chez Ivan Afanasitch, un chariot de farine et un billet sur cette affaire : alors, il m’a de nouveau répondu qu’il serait heureux de faire quelque chose pour Piotr Alexandritch, mais que l’affaire n’est pas