Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol27.djvu/10

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plus dire que je ne fais jamais rien pour les siens. »

— J’étais sûr qu’il ne s’en relèverait pas, — dit à haute voix Piotr Ivanovitch. — C’est bien dommage.

— Mais quelle était sa maladie, au juste ?

— Les médecins n’ont jamais su la définir, c’est-à-dire qu’ils ont bien émis leur opinion, mais chacun d’eux avait la sienne. Quand je l’ai vu pour la dernière fois, je croyais qu’il pourrait s’en tirer.

— Et moi qui ne suis pas allé le voir depuis les fêtes. J’en avais toujours l’intention.

— Avait-il de la fortune ?

— Je crois que sa femme avait quelque chose, mais très peu.

— Oui, il va falloir y aller. Ils demeurent si loin !

— C’est-à-dire loin de chez vous… De chez vous tout est loin.

— Il ne peut pas me pardonner de demeurer de l’autre côté de la rivière, dit Piotr Ivanovitch en regardant Schebek avec un sourire. Et il se mit à parler de l’éloignement de toutes choses dans les grandes villes. Ils retournèrent à l’audience.

Outre les réflexions que suggérait à chacun cette mort et les changements possibles de service qui allaient en résulter, le fait même de la mort d’un excellent camarade éveillait en eux, comme il