Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol27.djvu/20

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De nouveau elle fondit en larmes.

Il soupira et attendit qu’elle se mouchât.

Quand elle se fut mouchée, il lui dit :

— Croyez-bien…

Elle prit la parole et lui communiqua ce qui était visiblement son principal souci. Il s’agissait d’obtenir de l’argent du Trésor, à l’occasion de la mort de son mari. Elle affectait de demander conseil à Piotr Ivanovitch au sujet de la pension, mais il s’aperçut qu’elle avait déjà étudié la question à fond, qu’elle connaissait des détails que lui-même ignorait sur la meilleure façon d’obtenir de l’argent du Trésor à l’occasion de cette mort, mais qu’elle désirait savoir s’il ne serait pas possible d’obtenir encore davantage.

Piotr Ivanovitch essaya de trouver un biais, mais après un moment de réflexion, il déclara, en blâmant par convenance la parcimonie du gouvernement, qu’il croyait impossible d’obtenir davantage. Alors elle soupira et songea évidemment au moyen de se débarrasser de son interlocuteur. Il le comprit, éteignit sa cigarette, se leva, lui serra la main et se dirigea vers l’antichambre.

Dans la salle à manger, où était accrochée une pendule qu’Ivan Ilitch avait été ravi de dénicher chez un brocanteur, Piotr Ivanovitch rencontra le prêtre et d’autres personnes de connaissance venues pour l’office ; il vit aussi la fille d’Ivan Ilitch, une jolie personne qu’il connaissait. Elle était tout en