Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol27.djvu/273

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


supérieures telle quelle est, avec toute son impudeur, ce n’est qu’une vaste maison de tolérance… Ce n’est pas votre avis ? Permettez, je vais vous le prouver, — dit-il, prévenant toute dénégation de ma part. — Vous dites que les femmes de notre société ont un autre intérêt que les femmes des maisons de tolérance, et moi je prétends le contraire et je le prouve. Si des êtres diffèrent entre eux par le but de leur existence, par leur vie passée, cela devra se refléter aussi dans leur extérieur, et leur extérieur sera tout différent. En bien ! comparez donc les misérables, les méprisées, avec les femmes de la plus haute société : les mêmes robes, les mêmes façons, les mêmes parfums, les mêmes dénudations des bras, des épaules, de la gorge, la même bosse sur le derrière, la même passion pour les pierreries, pour les objets brillants et très chers, les mêmes amusements, danses, musiques, chants. Les premières attirent par tous les moyens, les secondes aussi. Aucune différence. Logiquement parlant, il faut dire que les prostituées à court terme sont généralement méprisées, et les prostituées à long terme estimées.