Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol27.djvu/40

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temps de déménager, de faire des achats et des commandes afin de s’installer comme il en avait conçu le projet et comme c’était presque décidé aussi dans l’esprit de Prascovie Fédorovna.

Maintenant que tout était si bien arrangé, qu’il s’entendait si bien avec sa femme, maintenant surtout qu’ils se voyaient rarement, leurs rapports devinrent d’une cordialité qu’ils n’avaient pas connue depuis leur mariage. Ivan Ilitch avait eu d’abord l’intention d’emmener tout de suite sa famille avec lui, mais sa belle-sœur et son beau-frère insistèrent tellement et devinrent subitement si aimables pour Ivan Ilitch et sa famille qu’il partit seul.

Il partit donc et la bonne humeur qui lui venait de son succès et de l’accord avec sa femme, ne le quitta plus. Il trouva un appartement charmant, juste comme ils l’avaient rêvé tous deux, avec des pièces vastes et hautes, dans le style ancien, un cabinet de travail commode et imposant, des chambres pour sa femme et sa fille, une salle d’étude pour son fils. Tout y était distribué comme exprès pour eux. Ivan Ilitch s’occupa lui-même de l’installation ; il choisit les papiers, acheta les meubles, surtout des meubles anciens, d’aspect cossu, et peu à peu l’ensemble s’approcha de l’idéal qu’il avait imaginé. Quand il fut à moitié installé, le résultat obtenu dépassa tout ce qu’il avait espéré. Tout de suite il se rendit