Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol27.djvu/55

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dû voir clairement que cette irritation contre les choses et les gens ne faisait qu’accroître son mal, que le mieux était de ne pas faire attention à ces ennuis, mais il faisait juste le contraire. Il se disait qu’il avait besoin de calme, mais il cherchait toutes les occasions d’irritation, et dès qu’il en avait trouvé une, il s’enflammait. Ce qui aggravait encore son état, c’était la lecture des livres de médecine, et ses visites chez les médecins. Son mal suivait un cours si régulier qu’il lui était facile de se faire illusion en comparant un jour avec le précédent, tant la différence était petite. Mais lorsqu’il consultait les médecins, il lui semblait que tout allait plus mal et que les progrès de la maladie étaient très rapides. Malgré cela, il continuait à les consulter.

Dans le courant du même mois, il alla voir une autre célébrité médicale, Cette seconde célébrité s’exprima presque de la même façon que la première, mais en posant ses questions autrement. Cette nouvelle consultation ne fit qu’augmenter les doutes et la crainte d’Ivan Ilitch. Un ami d’un de ses amis, un très bon médecin, diagnostiqua une tout autre maladie, et, tout en promettant la guérison, il embrouilla tellement Ivan Ilitch par ses questions et ses hypothèses, que celui-ci n’en fut que plus anxieux. Un homœopathe trouva encore un nouveau nom à sa maladie et lui ordonna quelque chose qu’il avala consciencieusement,