Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol27.djvu/98

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X

Deux semaines s’écoulèrent encore. Ivan Ilitch ne quittait plus son divan. Il ne voulait pas se mettre au lit et restait couché sur le divan. Presque toujours le visage tourné vers le mur, seul il s’abandonnait à ses douloureuses et insolubles pensées ; « Qu’es-tu donc ? Es-tu véritablement la mort ? » Et la voix intérieure lui répondait : « Oui, c’est elle ». — « Mais pourquoi ces souffrances ? » — « Mais comme cela, sans raison aucune ».

C’est tout ce qu’il pouvait obtenir.

Depuis le début de sa maladie jusqu’a sa première visite chez le médecin, deux états d’âme différents s’étaient partagé la vie d’Ivan Ilitch : c’était tantôt le désespoir, l’appréhension de cette chose terrible et mystérieuse, la mort ; tantôt l’espérance et l’attachante étude de ses fonctions organiques. Tantôt il avait devant les yeux le rein et l’intestin,