Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 2.djvu/143

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— Elle est bonne, ton histoire de chemise ! dit celui-ci hochant la tête avec un sourire.

— Oui, oui, répondit Levine, sans comprendre un mot de ce qu’on lui disait.

— Kostia, voici le moment de prendre une décision suprême, vint lui dire Stépane Arcadiévitch feignant un grand embarras ; la question est grave et tu vas en apprécier toute l’importance. On me demande si les cierges doivent être neufs ou entamés ; la différence est de dix roubles, ajouta-t-il, se préparant à sourire. J’ai pris une décision, mais je ne sais si tu l’approuveras. »

Levine comprit qu’il s’agissait d’une plaisanterie, mais ne parvint pas à sourire.

« Que décides-tu ? neufs ou entamés ? voilà la question.

— Oui, oui, neufs.

— Parfaitement ! la question est tranchée, dit Stépane Arcadiévitch souriant. — Que l’homme est donc peu de chose dans ces sortes de situations ! murmura-t-il à Tchirikof, tandis que Levine s’approchait de sa fiancée après lui avoir jeté un regard éperdu.

— Attention, Kitty ! pose la première le pied sur le tapis, lui dit la comtesse Nordstone en s’approchant… Vous en faites de belles ! ajouta-t-elle, s’adressant à Levine.

— Tu n’as pas peur ? demanda Maria Dmitriewna, une vieille tante.

— N’as-tu pas un peu froid ? Tu es pâle. Baisse-toi un moment ! » dit madame Lwof, levant ses