Page:Twain - Un pari de milliardaires, et autres nouvelles.djvu/111

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non ; c’est-à-dire que je lui écris, puis je déchire ma lettre sans la faire partir. Cela suffit amplement et les nouvelles de ce quelqu’un ne tardent pas à m’arriver.

Bien entendu, je suis devenu superstitieux an sujet de ces croisements de lettres. C’est du reste bien naturel ! Nous sommes restas un peu de temps à Venise après avoir quitté Heidelberg. Un jour, je descendais le grand canal en gondole, lorsque j’entendis un cri derrière moi ; je me retournai pour voir ce qui se passait et j’aperçus une gondole qui suivait la mienne en faisant force de rames. Le gondolier m’invita à m’arrêter. Je stoppai, et le petit bateau vint se ranger auprès du mien. Il y avait dedans une Américaine, fixée à Venise. D’un air très préoccupé, elle me dit :

— Il y a à l’hôtel Britannia, depuis huit jours, un Américain de New-York, et sa femme, qui sont désespérés de n’avoir pas reçu de nouvelles de leur, fils dont ils ne savent rien depuis huit mois : la mère en est malade de chagrin, et le pire ne peut ni manger ni dormir.

Le fils arrivé à San-Francisco, il y a huit mois, leur a écrit le jour même ; c’est tout ce qu’ils en savent. Ses parents sont en Europe depuis ce temps, mais leur voyage s’effectue dans des conditions très