Page:Vaillant-Couturier - Députés contre parlement.djvu/120

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fondeurs de silence et de menteries dont le capitalisme entoure ce qu’il veut détruire. Depuis deux ans on nous annonce sa fin, depuis deux ans elle résiste à toutes les attaques, au blocus, à la misère… Et malgré la fureur de haine de nos maîtres, nous osons dire aujourd’hui tout haut ce que depuis deux ans nous osons peu à peu penser : la vérité du siècle qui se lève est là.


Le Soviet.


Avant la guerre, parmi les socialistes, personne n’était absolument antiparlementaire. L’abjection des assemblées commençait à éclater à tous les yeux. Mais on ne savait pas comment remplacer ça.

Il a fallu que la Constituante devînt en 1918 et 1919 le mot d’ordre contre-révolutionnaire, le leit motiv bourgeois en Russie, en Hongrie, en Autriche, en Allemagne, et jusque dans les conseils des Alliés, il a fallu que partout, d’emblée et d’instinct les partis communistes opposassent Conseils à Constituante, suffrages de classes à suffrage universel, dictature des travailleurs à démocratie, pour que nous en vinssions à comprendre que le suffrage universel n’est que mensonge dans une société de classes et que la démocratie n’y est que camouflage d’une dictature capitaliste. Insuffisance, nous n’hésitons pas à l’écrire, la convocation d’une Constituante, que réclament certains camarades qui, négligeant les leçons venues d’Allemagne, d’Autriche, de Russie, ne veulent pas reconnaître qu’en période de révolution sociale on ne peut pas négliger l’existence des classes sociales.

En même temps que l’histoire contemporaine nous en-